Interview : Jay Style

jay style

Elaboration des mix en radio et en club.
Les deux procédés sont complètement différents. En radio, la programmation est établie à l’avance, elle est le résultat d’une logique, ce qui ne laisse pas de place à l’improvisation. En club, c’est plus instinctif comme façon de travailler car tu vois directement la réaction du public, à tout moment. Si tu pars dans une direction musicale et que ça ne fonctionne pas, tu peux changer de direction, ta programmation est beaucoup plus interactive. En radio, si tu joues un titre qui ne plaît pas, tu ne t’en aperçois pas tout de suite ! C’est pour cela que la programmation est travaillée par rapport, entre autre, à l’émission antérieure : on analyse les audiences des semaines précédentes et en fonction des retours d’audience ou du public qui réagit sur les réseaux sociaux, nous faisons évoluer la programmation. En radio, nous jouons les gros tubes dans leur intégralité, en club, on les mixe plus vite. Le mix radio s’adresse à un public qui est rarement en train de danser, c’est pour cela qu’un tube devient plus efficace en terme d’audience si on les joue dans leur intégralité. Nous sommes dans une époque où le public zappe très vite. En partant de cette idée, si tu joues un titre deux minutes tu as moins de chances de capter un public qui zappe que si tu le joues 4 minutes, soit le double de chances de faire partager ton émission. De même qu’une grosse réflexion est faite sur le titre avant publicité, après publicité, aux « heures pile » (21h, 22h, 23h…). On pense également au titre « Gold » que je veux absolument jouer toutes les heures, voire deux titres Gold par heure. Ce morceau sert de rappel sur les années passées qui nous ont donné tant de tubes incroyables ! Surtout qu’aujourd’hui, on est dans un système musical tellement rapide qu’un morceau devient vite éphémère. En clubs, je prépare également mon set en fonction de la région dans laquelle je me rends. J’essaye de ne pas frustrer les gens tout en imposant évidemment mon style qui a comme fil rouge « l’electro » . De ce fil rouge, je navigue en variant les styles, je joue du rock, de la pop, de la soul, du hip hop « electro ». Mais il y a parfois des régions ou des clubs où je joue un style plus prononcé qu’ailleurs. Par exemple, au Titan (Lyon, France), où je joue des titres plus durs, car le public est habitué à cela et est en demande de ça. Dans le Sud, de manière générale, je vais jouer un style plus « happy ». Les pays sont également différents, en Allemagne par exemple, les demandes vont être plus dirigées vers un style « minimal » . J’essaye malgré tout de garder mon style car quand tu as la chance de tourner de club en club, comme je peux le faire, tu dois faire attention de ne pas tomber dans le piège de la résidence, c’est-à-dire : ne pas refaire ce que les DJs du club viennent de jouer. Le but est d’offrir autre chose qu’il (le public) à l’habitude d’entendre tout les week-ends, tout en essayant de rester dans une logique de partage. Jouer pendant 2 heures un set qui ne plaît pas, c’est jouer pour personne, tu finis par t’ennuyer toi-même.

Tu as été DJ résident sur Party Fun pendant quelques années, tu es aujourd’hui l’un des DJs résidents de NRJ depuis un an… Quelles différences as-tu notifié, tant au niveau des audiences que du système ?
D’une certaine façon, je ne vois pas beaucoup de différences car les collaborateurs avec lesquels je travaillais à Fun Radio sont les mêmes que ceux avec lesquels je travaille aujourd’hui, à NRJ. Ils ont tous subi le mercato, mais il faut avouer que la dimension NRJ est plus grande. Ce n’est pas un désaveu par rapport à Fun, à qui je ne voudrais pas manquer de respect, car elle m’a beaucoup apporté ! Fun Radio m’a permis de construire ma notoriété. La différence entre Fun et NRJ, c’est que le slogan de cette dernière est « Hit Music Only ». Quand tu comprends ce que cela représente, tu comprends alors ce que tu dois jouer. Tu ne dois jouer que du « Hit Music Only ». NRJ est numéro 1 et elle le prouve à chaque fois avec les sondages. En Avril 2014, NRJ Extravadance était à 13,5 % de parts de marché (950 000 auditeurs) ! Party Fun, à 3%, devancée sur cette tranche (samedi 21H00- 00H00) par Skyrock avec 3.5 %.

Tu es prof à l’UCPA depuis dix ans… Comment enseignes-tu à tes élèves ? Que partages-tu avec eux ? Que leur apportes-tu exactement ?
Cela se passe en deux temps. D’abord, j’essaye de leur apporter des techniques qui mettront en valeur leur sens artistique. Je donne des cours d’animation ce qui, en soit, n’est pas très compliqué : sujet + verbe + complément. Tout le monde sait faire des phrases. Passée cette étape, mon but est de pouvoir extraire au maximum chaque point fort de leur personnalité pour mettre l’accent sur leur écriture, donc leur contenu, et leur manière de s’exprimer. Ensuite, il y a beaucoup d’échange entre mes élèves et moi. Ils sont très avides de connaissance, ils ont des tonnes de questions, et moi j’adore partager mon expérience avec ce désir secret qu’elle pourra un jour les aider. Il y a donc deux parties : une partie pratique et l’autre théorique. Mais il y a aussi, parfois, des petites prises de tête car ils ont du mal à adhérer au concept qu’on applique aujourd’hui en radio ou en club. Ils pensent, à tort, que ce sont les radios qui décident et qu’ils peuvent imposer un style dans leur club. Nous faisons ce travail pour donner du plaisir à ceux qui nous écoutent et ceux qui se déplacent dans les clubs. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire découvrir des nouveautés en club ou en radio, mais ce n’est pas les radios qui décident, c’est le public. Certes, la radio va jouer les titres avant tout le monde car elle a le privilège de recevoir les morceaux directement des maisons de disques, voire des artistes, mais si le public n’aime pas, la radio n’a pas de poids. Cela m’arrive d’entendre que nous sommes obligés d’aimer des titres qu’on entend plusieurs fois dans une journée ! Moi, je peux te promettre que je n’aimerais pas un titre que je vais entendre plusieurs fois. Bien au contraire, si je ne l’aime pas, j’aurais tendance à zapper.

Donc tu peux affirmer que tu es libre sur NRJ ?
Complètement.

Plus que sur Party Fun ?
La pression est la même car les deux radios ont le même objectif : partager avec le plus grand nombre. La différence était qu’après 12 ans sur Fun Radio, dont 6 ans d’antenne, j’étais attendu ! Je n’avais pas le droit de me louper. Un an plus tard, je suis soulagé de voir que j’ai réussi cette première année avec des chiffres d’audience qui sont en progression.

Tu as d’ailleurs joué un set de 4h au lieu de 3h, soit de 20h à minuit, samedi 24 mai dernier. Vont-ils garder ce créneau pour toi ?
Ça s’est très bien passé, mais je vais revenir sur 3 heures. C’était exceptionnel. NRJ m’a offert une exposition plus grande cet été, où j’ai eu la responsabilité pendant une semaine d’avoir tous les jours le créneau 20h-minuit. C’était incroyable de pouvoir jouer autant !

jay style nrj extravadance

Retour à l’UCPA. Quelle vision de toi ont tes élèves, de par le fait que ta notoriété médiatique est grandissante, par ton expérience, etc ?
Lol ! Je suis plus impressionné qu’eux !! Car je ne me rends pas compte de cette notoriété. Après quelques échanges, ils me disent où ils m’ont vu et cela me fait sourire car je me souviens de ces soirées, je les ai vécues avec mes émotions. C’est intéressant d’écouter leur vision, de savoir comment eux l’ont vécue. C’est intéressant et enrichissant de les écouter, cela me permet d’évoluer. Sur les cours que je donne, la pression est la même car 8 heures, c’est court ! J’essaye d’être à la hauteur pour leur faire partager mon métier avec mon expérience. Est-ce que le message sera perçu ? Vont-ils le comprendre ? Est-ce que chacun va avoir le déclic ? Mes plus belles victoires sont leur retour positif des années plus tard.

Il y a quelques années, je suis tombée sur l’une de tes interviews dans laquelle tu disais qu’il était important que tes élèves réalisent leur propre œuvre d’art, sans se soucier de la question du goût.
Le message est simple. C’est pas compliqué de copier : tu prends le Podcast d’un mec connu, tu prends sa « Playlist » et tu la rejoues. Ça peut fonctionner !? .. ou pas ! Tout dépend de la manière dont le DJ va faire son boulot. Quoiqu’il en soit, il y aura un problème : son mix n’aura rien de personnel, il n’y aura pas de valeur ajoutée, sa valeur rajoutée !! Cette valeur qui fera de son mix une « œuvre » à part entière. Pendant les cours, je leur dis souvent : « Allez-y, essayez, tentez des choses parce que le moment s’y prête. Ce n’est pas le samedi soir, en club, qu’il faut les tenter. Tentez et essayez de les appliquer en cours pour que cette plus value puisse grandir, que vous puissiez vous connaître à chaque mix encore plus. » Il ne faut pas se tromper, la différence entre les DJs ne se fera pas sur les titres qu’ils jouent ou sur la qualité du son (même si cela a son importance), la différence sera cette chose qui ne s’apprend pas qu’on appelle « l’artistique ».

De quoi es-tu le plus fier aujourd’hui ?
Très bonne question ! Je suis fier d’avoir pu réussir à partager mon métier que cela soit lors de mes cours ou lors de mes soirées. Le partage, l’amour à travers la musique, les messages que l’on m’envoie, c’est enrichissant, ça motive. Grâce à Dieu, je suis fier d’avoir bien choisi les gens avec lesquels je travaille, la personne avec qui je vis, car ce sont des personnes qui contribuent à mon équilibre et qui m’ont permis de garder les pieds sur Terre. Vu mon caractère, je ne pense pas pouvoir être fier que d’une seule chose, mais plus sur une globalité que j’ai pu accomplir. Je suis heureux que Dieu ait pu me permettre toute ma vie d’avoir pu me lever le matin, de faire un boulot que j’aime ! Je sais que je suis un privilégié car beaucoup n’ont malheureusement pas cette chance !

Au contraire, de quoi es-tu le plus dégoûté ?
Je suis dégoûté que le temps défile aussi vite ! Mais c’est pour tout le monde pareil. Plus sérieusement, certains comportements dans ce métier, propres aux français paraît-il, qui consistent à systématiquement casser quelqu’un qui a réussi me déplaisent fortement. J’ai l’impression qu’en France, on ne veut pas reconnaître le talent. « L’un a connu ce succès car il a fait une TV-réalité, l’autre a réussi car son père est dans la pub depuis des années. » On a beau avoir tous les contacts du monde, si le mec est mauvais, personne ne fera rien pour lui. C’est une discussion que j’ai parfois avec Quentin (ndlr : Quentin Mosimann). Il me dit : « Tu sais, pour moi c’est très dur à cause de la TV-réalité. » C’est dingue que les gens jugent quelqu’un sur autre chose que son talent ! Car le mec a du talent grave !!! Moi, je leur réponds que j’aurais bien voulu jouir de cette notoriété. 😉 Alors oui, il aura toujours cette étiquette pour les anciens, mais les jeunes qui ont 18 ans aujourd’hui ont oublié. Par exemple, mes élèves ne le savent même pas ! Ils n’associent pas Quentin Mosimann à la TV-réalité : quand ils avaient 13-14 ans, Quentin était déjà un DJ. Puis sincèrement, d’un autre côté, la médiatisation de la Star Ac permet d’accéder à des moyens de communication que d’autres DJs n’auront jamais. Par exemple, je ne pourrais pas avoir un documentaire diffusé sur W9, faire plusieurs fois Fort Boyard, être invité lors d’émissions de Morandini. J’aime pas cette façon systématique de détruire ce que l’on jalouse. Exemple que tout le monde a entendu une fois dans sa vie : « David Guetta, c’est du fake. » C’est un mec qui, depuis des années, est présent, fait des albums, gagne des millions, (je parle d’argent car pour moi, c’est relatif à ce que tu fais, donc de réussite). Je pense que très peu de DJs peuvent se vanter de gagner un million d’euros rien qu’avec une vente de disques. On lui doit notre respect et de la considération car IL EST LE DJ qui a permis que notre métier et nous soyons écoutés et respectés.

D’ailleurs, on dit que beaucoup de DJs n’en seraient pas là si David Guetta n’avait pas réussi…
Comme je le disais plus haut, « on lui doit notre respect et de la considération car IL EST LE DJ qui à permis que notre métier et nous soyons écouté et respecté ». Il a ouvert la voie et certains DJs ont réussi à en profiter, dont je fais partie. Mais il ne faut pas oublier qu’il faut aussi bosser ! Effectivement, il a ouvert une brèche et aujourd’hui, le regard des gens sur les DJs a sûrement changé, mais si vous restez devant la télé rien ne se passera 😉

Med Comic Tape.
J’ai réagi, et c’est rare, car c’est un mec avec lequel je parlais depuis un an. Je n’en avais jamais parlé, mais aujourd’hui, je me rends compte que j’ai perdu beaucoup de temps avec lui. Je pense que c’est quelqu’un qui souffre beaucoup et qui a un besoin énorme de reconnaissance, dans tous les domaines. Quand il est venu (ndlr : au Titan, le 30/11 dernier), il a estimé que je ne l’avais pas accueilli comme je le devais. Il a eu une réaction du genre : « Tu te rends compte ? Il m’a pas parlé, il m’a snobé ! » parce que je n’ai pu lui consacrer qu’un peu de temps. Mais ce soir-là, on était tellement nombreux que j’ai essayé de passer du temps avec tout le monde invité au restaurant. Là où je le trouve très hypocrite, c’est que ce soir-là, il n’a rien payé du tout !! Être invité à une soirée, manger, dormir et…. !? Critiquer le Titan !? Critiquer la soirée !? Faire un post sous l’excuse qu’il a le droit de donner son avis !? Alors qu’il était invité !? Je pense qu’une bonne éducation aurait permis à ce garçon de respecter la personne qui l’invite, et pour éviter de la mettre dans l’embarras, il aurait pu éviter de cracher sur sa soirée. Tu sais pertinemment que l’artiste aura un retour négatif. J’ai eu un retour ! Le Titan a crié au scandale lorsqu’ils ont vu ce post, ils ont dit « la prochaine fois, lorsque tu voudras inviter du monde, on dira non ». le Titan et les autres clubs ne vont pas se souvenir de ce garçon, ils vont se souvenir que Jay Style invite des personnes irrespectueuses.

Je l’ai aidé car il a du talent, mais il est provocateur. A force de discuter avec lui, il voulait que je l’aide à modifier sa façon d’écrire. Il écrivait, m’envoyait ses textes, et je lui disais de changer certains termes tels que « voleur », « gros bâtard », etc. Des mots forts !
Puis est arrivé sa croisade contre la ghost production (qui existe depuis 20 ans !!! ). Je n’ai jamais caché que je ne produisais pas tout seul, et il le sait. Je travaille en collaboration avec des gens à qui je dis : « Tiens ! J’aimerais ci, j’aimerais ça. », car je n’ai pas cette connaissance informatique. Nous avons eu un différend sur Facebook, et de là, il est parti en croisade. Vexé que je le conteste par écrit, il a profité de la crédulité et de l’ignorance de certains pour « dénoncer » ce qu’il appelle du vol. Puis sont arrivées ses attaques sur mes prods, ce qu’il a appelé du « copyright ». Il faut savoir que tout le monde se sert de « bandes de son » que tu achètes !! Quand tu le fais, tu prends le risque que quelqu’un, dans un autre pays, fasse la même chose car tout le monde peut les acheter. Sur ce cas-là, ça s’est produit. Passé toutes ses attaques j’ai fait l’erreur de penser qu’il était intelligent et que c’était quelqu’un avec qui je pourrais avoir une discussion. Je l’ai donc appelé pour en avoir une. Comme seule réponse, il a continué à rire. On dit toujours que le rire cache une colère. Imagine ma surprise quand le lendemain, il publie un post disant que je l’ai appelé pour le menacer !? J’aurais pu le faire car je sais que ça fonctionne. Le jour ou Yann Harris l’a menacé, il était terrorisé ! Il m’a contacté à 3h du matin en pleurant « je sais pas quoi faire, j’ai peur, je vais aller chez les flics ». J’ai appelé un avocat pour l’attaquer en diffamation car je me suis rendu compte qu’il envoyait des messages privés à tout le monde, notamment à mes partenaires. Il a envoyé ce genre de choses à Pioneer et NRJ : « Bonjour, je m’appelle Med Comic Tape, votre DJ Guest est un usurpateur, regardez » et il mettait sa vidéo. Forcément, les mecs s’en foutent mais ils n’oublient pas que leur marque est associée à toi, et que c’est pas bon pour leur image. Mais Facebook est bien pour ce genre de mec, mon avocat a été clair : « Ça peut prendre du temps, coûter de l’argent et Facebook est très clair là-dessus, à moins qu’il ne t’attaque sur le côté personnel, on ne peut pas intervenir. » Donc j’ai laissé tomber et je suis passé à autre chose. J’espère pour lui qu’un jour il trouvera le moyen de calmer sa colère, car j’ai peur que son rêve d’être repéré par Le Petit Journal ne se réalise jamais.

C’est vrai qu’il est suivi par une petite communauté…
Comme j’en parlais plus haut, sa communauté est faite de ces gens qui jalousent, donc par définition, qui sont frustrés. Ce sont des gens qui se trompent et qui sont trompés par les messages, qui sont détournés. Dans mon métier, j’ai remarqué que quand on a commencé à simplifier la façon de mixer, on a crié au scandale en disant que ce n’était plus du deejaying. Certains vont juger un DJ sur sa façon de mixer, c’est n’importe quoi. C’est le résultat qui devrait être important ! Que veux-tu dire à un mec qui, pendant 2h, fait semblant de mixer, mais dont la musique retourne un club ? Personnellement, je lui dis bravo ! Lui, il en fait des posts remplis de colère, mais sur le ton du rire, en se servant des images car il en connaît la force, surtout quand tu les manipules.

Bref, j’ai coupé les ponts avec lui. Aujourd’hui, je ne lui souhaite aucun mal. Les gens me disaient que je faisais une erreur quand je l’aidais : « Le temps que tu perds avec ce mec là ! » Aujourd’hui, je ne ressens aucune satisfaction ou besoin de vengeance. Ça m’aura appris que, pour le coup, il ne faut pas perdre du temps à aider quelqu’un qui n’en a pas envie et qui n’en vaut pas la peine. Il faut mieux choisir les personnes que tu veux vraiment aider. J’ai mal choisi, mais je ne regrette pas. Je savais d’entrée que ce mec était très fragile. Il a rendu publiques des conversations que l’on avait en privé, ce qui lui a causé la perte de l’un de ses amis : « Med, tu publies des choses privées, tu vas me faire ça à moi aussi ? » Lors du dernier contact que j’ai eu avec lui, je lui ai dit que ses parents devaient l’aider, qu’il serait bien pour lui qu’il se fasse aider par des professionnels, comme un thérapeute, car je pense humblement qu’il en a besoin. Je lui ai demandé jusqu’où il serait capable d’aller pour faire du buzz !? « Je n’ai aucune limite. » Je lui ai répondu : « C’est tellement facile de parler du mec dans son dos, mais ça peut devenir dangereux pour toi car un jour, un mec pourrait péter un plomb !! Par exemple, si tu viens au Mixmove, malheureusement pour toi, tu risques de te faire tordre en deux. » Il m’a répondu : « Ouais, tu viens de me donner une bonne idée ! Je vais venir avec une caméra cachée, provoquer des gens, et j’espère que l’un d’eux réagira mal ! Ça ferait une bonne vidéo ! » En fait, il ne respecte plus la direction dans laquelle il s’était engagé : créer une page pour faire rire. Là, il fait juste mal aux gens en profitant de leurs faiblesses.

Pourrais-tu me révéler une ou deux exclus ?
Bien sûr ! Il y a plein d’exclus ! Le mois prochain, je collabore avec Happy Music pour lancer un classement musical de titres clubbing que j’aime beaucoup. Il y aura de tout : des remixes, des mashups, etc. Ce sera diffusé sur Youtube et leur Facebook. Ce sera mon classement personnel. La première partie sera filmée, la suite sera faite avec un fond musical.

As-tu envie d’arrêter ? Sinon, de réduire ton nombre de dates par an ?
J’ai déjà commencé à restreindre le nombre de sets par an, mais arrêter, ce n’est pas possible. Peut-être à 50 ans, quand les rides et les cheveux gris m’auront définitivement rattrapé et que le public me le fera comprendre. Mais je ne peux pas tout arrêter maintenant alors que tout me sourit, ce serait hypocrite de ma part. A côté de ça, c’est vrai que mon mot d’ordre, c’est « équilibre ». Je n’arrête pas de le dire et de bassiner mes proches avec ça… et je ne l’applique pas ! Pendant des années, j’ai pas arrêté de bosser, tout en faisant un petit peu de sport. Je me souviens, j’avais participé à un Triathlon comme j’avais fait à l’Alpe d’Huez et je m’étais très mal entraîné.

Aujourd’hui, j’ai dit que j’avais le choix, que j’allais faire moins de choses au boulot pour me consacrer plus à ce que je fais aujourd’hui. Je veux voir grandir mon fils, qui, grâce à Dieu, sourit tout le temps, partager des choses avec lui. Je ne veux pas être un papa fantôme. Je veux aussi profiter de ma femme, qu’on vieillisse ensemble, mais pas par épisodes. C’est un choix ! Réussir sa vie ne concerne pas le travail. Pour moi, réussir sa vie, c’est réussir sa vie privée, je pense que je suis sur le bon chemin.

D’ailleurs, il paraît que dès que tu es près de lui, il est aux anges…
Ça vient du fait que j’aime les énergies, que je suis croyant. Dès qu’on a su que c’était un fils, on a trouvé le prénom. Grâce à Dieu, on a su très tôt que c’était un garçon, et à 3 mois, on l’a appelé Noah. J’avais une application pour suivre l’évolution du bébé dans le ventre et dès que j’ai vu que le cerveau était formé, qu’il pouvait entendre les sons, j’ai commencé à lui parler. Je pars du principe que j’ai 43 ans + 9 mois. Dans le ventre, le bébé vit déjà ! On est très liés, il l’est également avec sa mère, et avec tous ceux qui lui donnent de l’amour : la famille, les amis… J’ai de la chance ! J’aurais pu avoir un enfant plus difficile, plus caractériel, mais c’est tout le contraire. Il a un côté très curieux. Aujourd’hui, je suis content, je suis à Lyon pour donner des cours, mais il me manque, j’aimerais être avec lui. C’est pour ça que je m’offre maintenant ces moments précieux, privilégiés, quitte à faire moins de dates. Mais il y aura un équilibre entre mon travail et ma vie privée.

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Interview réalisée le lundi 26 mai dernier.

Retrouvez Jay Style tous les samedi soirs sur NRJ Extravadance, de 21h à minuit, ainsi que ses Podcasts, Definitely Music, disponibles sur iTunes.

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