Interview : Endless Sundown

endless sundown groupe lyon

Auparavant Dark Matter, aujourd’hui Endless Sundown, c’est entre fin 2013 et janvier 2014 que le groupe opère sa mutation au sein de son line-up. Le trio lyonnais nous a offert il y a quelques jours un premier clip pour illustrer le titre In Brackets, extrait de leur EP à paraître très bientôt. Suivez-les de près, Endless Sundown vaut le détour !

Comment vous êtes-vous rencontrés et comment l’idée de former un groupe vous est-elle venue ?
Endless Sundown, c’est un groupe réunissant 3 potes, Victor (guitare/chant), Quentin (batterie) et Julien (basse). Quentin et Julien se connaissent et jouent ensemble depuis presque 10 ans et se sont rencontrés à l’époque du lycée, dans le groupe SavehyoR. Bien plus tard, ils rencontrent Victor au conservatoire, et c’est là que l’aventure commence.
A l’origine, le groupe existait sous un autre nom, nous étions 4 à l’époque (il y avait un autre guitariste), nous avons fait pas mal de chemin ensemble, des concerts, du studio et plein d’aventures comme en connaissent la plupart des groupes de rock ! Il y a un an, le deuxième guitariste quitte le groupe pour se consacrer aux études, c’est alors que naît Endless Sundown.

Suite au changement de line up fin 2013, vous devenez Endless Sundown. Pourquoi avoir finalement choisi « Endless Sundown » pour votre nom ?
Nous avons choisis ce nom, « couché de soleil éternel », – bien que cela apparaisse comme un nom à « l’eau de rose » – , car nous aimons ce concept, parce que cela encapsule un moment en particulier, qui symbolise la fin de quelque chose, cela tend vers la nuit, une obscurité grandissante, mais également vers le lendemain, une sorte de renouveau. Le côté paradoxal, c’est qu’il s’agit normalement d’un moment précis, éphémère, et que dans notre cas, nous le rendons éternel. Nous jouons beaucoup sur ce concept, cette expression d’une sorte de mélancolie, dans ses moments les plus intenses et intimes.

Quels ont été les événements et les rencontres les plus marquants de la vie du groupe ?
Sans hésiter, la fois où nous sommes allés jouer en Algérie pour le festival Cinema sous les Etoiles. Il s’agissait d’une expérience hors norme, autant sur le plan humain qu’artistique. Le festival avait lieu dans une zone qui n’était absolument pas touristique, et nous y avons rencontré beaucoup de gens incroyablement gentils, avec beaucoup d’humanité et d’humilité.

De quoi vous inspirez-vous lorsque vous écrivez et composez vos chansons ?
Principalement, de tout ce qui touche aux émotions, au vécu en général. Nous n’aimons pas nous inspirer de livres ou de films. Nous voulons que cela reste personnel pour qu’on arrive a rendre ça réel. Nous aimons prendre une certaine distance, malgré que ce soit personnel, pour pouvoir observer ces émotions ou ces situations d’un œil extérieur, et même si parfois nous parlons de mélancolie et de désespoir, il s’agit d’apprécier ces choses pour ce qu’elles sont et ce qu’elles peuvent représenter en mettant à jour la beauté qu’elles peuvent cacher.
Pour la musique, en général, Victor amène une idée de riff de guitare, voire plusieurs, et même une ébauche de structure au groupe, et on construit ensemble le morceau autour de ça. On modife s’il faut modifier, réarranger, etc. L’essentiel est que tout le monde s’y retrouve. Le chant vient toujours en dernier.
Il s’agit parfois d’un processus long et complexe, à l’inverse, il arrive également que certains se fassent très rapidement, en une répète. On n’est pas toujours sur la même longueur d’onde, mais quand ça arrive, il se passe quelque chose, et comme par magie un morceau apparait et sonne direct ! C’est d’ailleurs souvent les meilleurs qui arrivent de cette manière !

Vous venez de dévoiler votre premier clip vidéo pour le titre In Brackets. On y voit apparaître une jeune danseuse et un homme sur une chaise.
Comment avez-vous fait le lien entre votre musique et ce visuel ?
Quelles ont été les idées qui vous sont venues et qui ont fait que ce clip est ainsi aujourd’hui ?
La chanson parle de la folie d’un homme qui est déconnecté de son monde. Etant donné qu’il s’agit d’un sujet difficile à travailler, nous avons décidé de faire un clip basé sur le côté graphique de la vidéo, plus que sur la narration. Nous avons travaillé avec une danseuse, Jennifer, avec qui nous avons voulu faire un clip aérien, flottant et contemporain dans lequel la danse représente la folie de cet homme.

Avez-vous une ou plusieurs anecdotes de studio et/ou de tournée à me raconter ?
La première à laquelle on pense n’est pas très glamour, mais bon… Il s’agit plus d’une expérience vécue par Quentin. Après un concert sur Marseille et un after bien arrosé, on rentre à l’hôtel, un dernier verre, et on se couche. Dans la nuit, Quentin dort à moitié éveillé et ressent une étrange sensation de pluie sur lui, et finit par être réveillé. En fait, Julien, qui était sur le lit superposé, restituait tout simplement ce qui avait du mal à passer en fin de soirée…

Sinon, une autre moins grunge, en studio. Nous avons écouté une musique en boucle que nous avait fait découvrir l’ingé son, parce qu’il y a un solo de TRONÇONNEUSE! Le groupe s’appelle Jackyl. Pour la peine, on vous partage la vidéo (solo de tronçonneuse à 1m38) :

Avez-vous une ou plusieurs exclu(s) ?
Nous préparons une vidéo pour janvier, une reprise pour le moins originale ! Vous verrez, ça change de ce que l’on fait habituellement.

Que pensez-vous de l’industrie musicale d’aujourd’hui ? Si vous aviez le pouvoir d’y changer quelque chose, le feriez-vous ? Si oui, quoi ?
L’industrie musicale est sur-saturée, elle répond à un fonctionnement arbitraire et injuste, beaucoup trop capitaliste. J’ai récemment découvert le top 100 des singles les plus vendus en France (source :
http://www.chartsinfrance.net/actualite/news-93671.html), et j’ai beaucoup été attristé de voir que par exemple, Crazy Frog était en 3ème position. Le paysage musical actuel est médiocre et lamentable. Evidemment, je parle de tout ce qui est « mainstream ». La France regorge de petits groupes talentueux et c’est dingue que cela passe autant à la trappe.
Le pouvoir d’y changer quelque chose, à notre niveau je ne pense pas, je ne pense pas non plus que la faute vienne de tous ces gens qui participent à cette expansion de toute cette «musique » easy listening et jetable. Le problème, c’est que les producteurs ne sont plus des mélomanes, mais des business men. L’argent a pris le dessus sur l’artistique. L’important n’est pas que ce soit bien, mais que ça rapporte. C’est un triste constat. Pour que cela change, il faudrait que les principaux médias aient un minimum de bonne conscience pour se dire que leur rôle devrait normalement être d’éduquer le public, au service de la culture. Pour nous, Crazy Frog, ou le « Papa Pinguin », ce n’est pas de la culture musicale.

Y a-t-il un artiste et/ou un album qui ait changé votre vie ?
Quentin : Ce n’est pas un artiste au sens propre, mais pourtant, ça s’en rapproche beaucoup : Valentino Rossi (un pilote italien de moto, sacré 9 fois Champion du monde du Grand Prix Moto), un sens du spectacle hors norme et un talent sans égal. Un album : Live aus Berlin de Rammstein, mon premier pas vers le rock.

Victor : In Utero de Nirvana ainsi que Cruel Melody de Black Light Burns ont eu une influence sans précédent dans ma vie.

black light burns cruel melody albumEcouter Cruel Melody

Julien : Tout simplement les gens qui m’entourent, les amis avec qui j’ai commencé la musique, et pour certains, avec qui je continue à faire de la musique. Ces influences ont une incidence sur ma vie actuelle. Et si je devais choisir un album, ce serai Nevermind de Nirvana (c’est cliché, mais bon, ce n’est pas pour rien qu’il s’agit d’un album de légende).

Avez-vous déjà ressenti quelque chose de fort durant un concert ?
Un des concerts qui nous a beaucoup marqué est probablement celui dont on s’attendait le moins à une réussite. C’est un de ces plans que font beaucoup de petits groupes, prévu un peu (beaucoup) à l’arrache, dans un squat, pas de scène, une acoustique merdique, etc. On s’attendait donc à un concert de merde, on n’était pas forcément super motivé et on se disait que, au pire, « ça fera une bonne répète » ! Finalement, aucun concert ne s’est aussi bien passé, d’une part l’accueil du public était plus que chaleureux, puis il s’est passé quelque chose de magique, le son était là, les morceaux s’enchaînaient et sonnaient comme jamais ! Bref, une expérience qui nous a appris qu’il ne faut pas jurer que par les grosses scènes, le gros matos, etc.
On a rarement autant pris notre pied à faire de la musique et partager avec les gens, alors que croyez-nous, à la base, toutes les conditions d’un plan foireux étaient réunies ! On en profite donc pour faire un clin d’oeil aux « Bienvenues ».

Quel(s) artiste(s) voudriez-vous voir en live ?
Si vous pouviez collaborer avec un seul artiste, dans toute votre carrière, qui choisiriez vous ?
On vient d’apprendre que les Foo Fighters vont passer à Lyon l’année prochaine, du coup, sans hésiter, ce serait eux ! Et du coup, collaborer avec un gars comme Dave Grohl serait vraiment énorme !

Le meilleur album de votre collection ? Le pire ?
Julien : Je dirais l’album eponyme de Jaco Pastorius, ce gars était vraiment un génie, et le pire, probablement un album de Billy Crawford que j’ai dû demander quand j’étais gamin haha !

Votre achat d’album le plus récent ?
Quentin : Un vinyle de la BO de Rocky !
Julien : Lost Forever // Lost Together du groupe Architects

Quels sont vos récents coups de coeur musicaux ?
Quentin : On est récemment tombé sur un groupe qui jouait à Lyon lorsqu’on sortait de répète, c’est un petit groupe nommé Clockworks Express, c’est vraiment bien et la chanteuse a une voix très envoûtante !
Julien : J’ai découvert le groupe Nothing More au Rock am Ring cet été, c’était vraiment la claque, autant d’un point de vue musical que scénique. Si vous avez l’occasion de les voir sur scène, n’hésitez pas !

What’s next ?
Le clip maintenant sorti, on va le faire tourner au maximum. On va aussi jouer le plus possible. On se prépare à enregistrer un EP pour l’année prochaine. Si tout se passe bien, on aimerait rentrer en studio courant janvier et sortir quelque chose au printemps, puis tourner l’été pour la promotion de cet EP.

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