Interview : Beyond The Styx

beyond the styx

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Salut à toi Anais, Beyond The Styx est un groupe qu’Adrien et moi-même (Emile) avons formé fin 2010, suite au split de notre précédente formation (Breath After Coma / hardcore).
Suite à plusieurs recherches et quelques essais, nous avons rapidement mis en place un line-up cohérent de 5 membres, qui, à ce jour, s’est vu modifié sur 2 postes (basse & guitare rythmique).
Nos influences s’inspirent de mouvements artistiques tels que le hardcore (Madball, Hatebreed, Nasty…) clairement taillé pour le live, à des genres plus hybrides tels que le death hardcore (The Acacia Strain, Carnifex, Suffokate…), le metal hardcore (Unearth, Walls Of Jericho, Malevolence…), le groove metal (Chimaira, Lamb Of God, Gojira…) ou encore le post hardcore, le thrash, voire même le black metal sous certains aspects (Cult Of Luna, Liferuiner, Deserters, Pantera, Nevermore…).

Selon vous, qu’est-ce qui vous distingue des autres groupes de metal hardcore français ?
Très bonne question. Je répondrais certainement la riche diversité de nos influences musicales respectives et leurs répercussions directes sur notre sens de la composition ; ainsi, et surtout, l’authenticité  de notre énergie que nous exprimons sur scène. Sans oublier notre humilité ainsi que notre plus grand respect pour le public.

Votre discographie se compose, pour le moment, d’un EP et d’un album.
Quelles sont les différences que vous notez sur l’enregistrement de chaque support ?
Avez-vous travaillé de la même manière sur l’EP et l’album ou non ?
Pour faire court, l’EP a été une première pierre à l’édifice de BTS, concrétisant l’aboutissement de 2 ans de composition avec notre ancien line-up, l’approche du milieu semi-professionnel, ainsi qu’une découverte de nos capacités réelles en studio.
L’album, lui, représente davantage l’affirmation de notre projet artistique, de seulement 9 mois de composition avec un nouveau line-up, et d’un désir manifeste de semi-professionnalisme. Ces 2 opus traduisent 2 périodes bien distinctes : la confirmation d’influences plus diverses, et paradoxalement  mieux maîtrisées, ainsi que l’appui de taille du travail de production de Jamie King (Between The Buried & Me, For Today, Liferuiner…) venu souligner toute la qualité du savoir-faire de l’enregistrement de David Potvin (Kronos, T.A.N.K., One Way Mirror…). 

Vous êtes signés chez Replica Records en France, et Klonosphere au niveau international.
Comment se sont passé les rencontres avec les deux labels ?
Comment avez-vous été amenés à travailler sur Leviathanima avec eux ?
Avant toute chose, juste pour précision, Replica Records n’est pas notre label, mais notre agence de management. Klonosphere est notre label sur le plan national.
La rencontre avec ces derniers s’est certainement opérée lors d’une première
 date avec Klone & Hacride début 2013. Par la suite, des échanges n’avaient pu, à l’époque, permettre la signature de notre premier EP, ce qui, en revanche, ne s’est heureusement pas traduit par le même aboutissement concernant notre premier album. 
Concernant Replica Records, de premiers échanges s’étaient aussi engagés suite à la sortie de notre premier
 EP, l’arrivée d’un nouvel album n’ayant que confirmé l’envie mutuelle de travailler ensemble sur le plan national.

Vous a-t-on laissé carte blanche ou amené sur une certaine voie ?
Jusqu’à ce jour, nous avons toujours souhaité mener notre barque comme bon nous semble. Avec tout le respect que nous avons pour nos partenaires actuels (et à venir), nous apprenons à nous enrichir de leurs remarques et de leurs critiques pour forger notre identité sans pour autant nous travestir. Nous laissons ça à d’autres. L’authenticité étant et restant notre maître mot.

Leviathanima Beyond The Styx album► Ecouter Leviathanima

Parlons de la sortie toute récente de Leviathanima
Comment avez-vous appréhendé sa sortie ?
Et bien de manière un peu stressée, je te l’avoue. L’esprit artistique du groupe ayant évolué, principalement à travers des compositions moins mélodiques et davantage tranchants et malsains. Nous avons certes quelque peu appréhendé la réaction de notre public face à nos nouvelles expérimentations, mais s’embarquer à bord de BTS c’est savoir être prêt à découvrir de nouvelles limites. Je suis, pour ma part, persuadé que nombre de nos fans l’avaient déjà compris.

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pendant les phases d’écriture et de composition de l’album ?
Sans pouvoir parler de concept album, Leviathanima effectue une sorte de condensé panoramique des différents maux traversés par notre ère, composant de la sorte une sorte de chimère. Monstruosité à notre image renvoyant à travers son propre reflet la métaphore du fait que : « la fin ait toujours été au plus proche de l’humanité. »
Chacun de nos textes dispose ainsi d’une thématique qui lui est propre, agrémentant chacune à leur manière la part d’ombre enveloppant Leviathanima.
De la tendance individualiste à la tentation meurtrière,  de l’état de possession au naufrage d’une jeunesse abusée… Leviathiama décompose la mosaïque d’une société minée au plus profond d’elle-même.

Pourquoi avoir choisi un tel titre ?
Il s’agit là d’une contraction entre deux termes latins.
« Leviathan » : Monstre colossal à la forme non précisée, qui peut être considéré comme l’évocation d’un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète et d’en bousculer l’ordre et la géographie, sinon d’anéantir le monde. Au Moyen-Âge, on le retrouve représenté sous la forme d’une gueule ouverte qui avale les âmes, incarnant ainsi l’entrée des enfers.
« Anima » : du latin, signifiant « souffle, âme », d’où vient le terme animal.
Libre à chacun d’effectuer sa propre traduction du titre de notre album, pour lequel je n’oserai me risquer.

Après écoute de cet album, y a-t-il des choses que vous auriez fait différemment ?
Non. Ce qui a été fait sur le moment est certainement ce que nous pouvions proposer de mieux. David et Jamie ont parallèlement donné leur maximum pour permettre à cet album de poser son empreinte sur la sphère metal hardcore nationale.

Avez-vous une ou plusieurs anecdotes de tournée et/ou de votre vie en studio à raconter ?
Il nous faudrait rédiger un mémoire pour cela… Allez donc user votre rétine sur notre chaîne YouTube, les vidéos de notre précédent tour et de notre enregistrement vous résumeront ça mieux que n’importe quelle interview.

Avez-vous une ou plusieurs exclus à livrer ?
Nous allons prochainement vous annoncer quelques festivals sur lesquels vous pourrez nous retrouver dès cet été. Une nouvelle tournée européenne est elle aussi à l’étude…

Que pensez-vous de l’industrie musicale d’aujourd’hui ?
Une vaste question… qui ne me laisse pas pour autant de marbre. Je répondrais que l’industrie musicale est à l’image de notre société, en crise. Une vraie jungle sans valeurs où certains rares puissants essoufflés écrasent de nombreux faibles créatifs. Et où certaines carrières ne tiennent qu’à un fil pour la plupart, à moins d’avoir une autorisation de découvert « no limit » ou une partie de sa famille active dans la mafia. Difficile de pouvoir enrayer une telle machine, mais pas impossible.
Ce qui me désole bien souvent le plus, c’est le manque de mémoire de certains.
Sans artifices, sans drogues, sans groupies, beaucoup ne sont plus rien ; alors pourquoi ne pas commencer par ne pas oublier d’où tu viens ?

Si vous aviez le pouvoir d’y changer quelque chose, le feriez-vous ? Si oui, quoi ?
« Savoir c’est pouvoir ». En ce sens, je me limiterais à transmettre la réalité du système de l’industrie musicale auquel nul artiste ne peut paradoxalement échapper. Même si je doute sincèrement que cela intéresse la majeure partie du public. Notre manière de consommer illustre parfaitement cette vision des choses : tant que c’est bon ou que l’on me dit que c’est bon, je pense que c’est bon. Le jour où la tendance sera à l’anti-système (à savoir manipulé par le système lui-même), peut-être que l’on commencera à penser différemment.
Être contre le système de l’industrie musicale exige paradoxalement d’être très proche de lui, Nasty en sont aujourd’hui selon moi un parfait exemple.
Si j’avais un seul message à transmettre au public, ce serait : « Respecte les artistes qui te font vibrer, partage leur musique autour de toi et ne te limite pas à leur image, lis entre les lignes. Deviens le vecteur du virus d’une autre culture. »
« Kings can see there palaces fall. Ants will always have a home. » (Code : orphanTage / Leviathanima).

Y a-t-il un artiste et/ou un album qui ait changé votre vie ? Qui ait déclenché en vous l’envie de faire de la musique ?
Je ne pourrais pas répondre au nom du groupe. Pour ma part, Marilyn Manson a joué un rôle particulier dans mon adolescence par son sens fin et exacerbé de la provocation visuelle et linguistique. Cet artiste complet a beau être à 10000 lieues musicalement du hardcore, j’apprécie certains éléments de sa pensée anti-conformiste, philosophique et virale.
En parallèle, je m’intéresse davantage à ce jour à la pensée d’autres artistes tels que Jacob Bannon, Serge Gainsbourg, Jim Morrison… La portée de leurs paroles ne se limite pas à un format radiophonique, elles vont bien au-delà pour percuter l’être au plus profond de son âme. 

Votre meilleur souvenir de concert ?
Probablement Clermont-Ferrand en 2013 : une date dans des conditions aussi infernales que magiques, sur tous les plans. Notre vidéo live report vous retranscrira d’ailleurs cela certainement mieux que moi.

Quel(s) artiste(s) voudriez-vous voir en live ?
Marilyn Manson, même si je pense qu’il est un peu tard. Converge, parce que Converge, et que je ne m’en lasse définitivement pas. Behemoth parce qu’un aller-retour pour les enfers n’a pas de prix. Norma Jean pour leur énergie et leur technique aussi irréprochables que frénétiques. Harm’s Way, Suffokate & Deserters parce que j’en suis fan, et que ça ne s’explique pas rationnellement.

Si vous ne deviez collaborer qu’avec un seul artiste, qui choisiriez-vous ?
Sans aucune hésitation, et au nom du groupe, Vincent Bennett de The Acacia Strain.

vincent benett the acacia strain

Le meilleur album de votre collection de disques ? Le pire ?
Le meilleur, probablement Holy Wood de Marilyn Manson en édition limitée pour tout ce qu’il incarne à mes yeux. Le pire, certainement Untouchables de KoRn pour son côté surproduit, à la limite de l’overdose auditive, au-delà de toutes les attentes de fans que j’avais encore à l’époque.

holy wood marilyn manson album► Ecouter Holy Wood

Votre achat d’album le plus récent ? Le plus vieux ?
Isolation de Harm’s Way pour le plus récent. Dangerous de Michael Jackson, pour le plus vieux.

Votre top 5 titres du moment ?
Isolation – Harm’s Way
Irreversible – Nasty
All we Love we Leave Behind – Converge
Frontier – Crosses
Russians Attractions – Sébastien Tellier

Quels sont vos récents coups de coeur musicaux ?
Ion Dissonance, Code Orange, Malevolence, Wolf Down & Suburban Scum.

code orange i am king album► Ecouter I Am King

reign of suffering malevolence album► Ecouter Reign of Suffering

What’s next ?
La poursuite de notre tournée RootlessTour et la découverte de nouveaux horizons, puis de nouvelles grosses scènes aux côtés de maîtres du genre…

rootless tour beyond the styx

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