Interview : Primal Age

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Primal Age se forme en 1995 et se compose de Misty à la guitare, Mehdi à la batterie, Dimitri à la basse et au chant, et Didier au chant également. Fort de 3 tournées européennes depuis leurs débuts aux côtés de groupes tels que Hatebreed, All Out War, Caliban, Dagoba, Madball, Earth Crisis, etc, le quatuor passe également par le Mexique, le Japon, dont un passage au Bloodaxe Festival de Tokyo, et au Brésil. Primal Age est également très investi dans la cause de la défense animale, l’écologie, le végétarisme et le veganisme.

Vous êtes un groupe de metal hardcore originaire de Rouen, et formé en 1995. Vous avez également publié 3 albums, êtes partis en tournée un peu partout dans le monde, et fêtez aujourd’hui vos 20 ans de carrière.
Après toutes ces années, quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit pour définir votre groupe et votre évolution ?
On est basé à côté d’Evreux au début du groupe. Aujourd’hui, on répète près de Rouen car c’est central pour nous. On a rapidement défini notre identité musicale dans la première vague des groupes qui ont mélangé des influences metal et hardcore, notre musique d’origine. On a eu la chance de rencontrer un public et de parcourir toute la France dans un premier temps avant de vouloir aller plus loin.

Pourquoi avez-vous choisi de vous appeler « Primal Age » ? Ce nom avait-il une signification particulière ?
Ce nom devait évoquer des temps plus anciens où la planète n’était pas aussi affectée par l’activité humaine.

Quels sont les événements et les rencontres les plus importants de votre carrière ?
Les principaux événements ont été les studios forcément, puisque chaque disque a mis du temps à se construire et a permis au groupe d’évoluer. Les rencontres avec les ingés son également ont souvent été fructueuses et se sont bien passées. Les tournées telles qu’au Mexique, au Japon et cette année au Brésil ont été des moments forts qu’on gardera toujours en mémoire.

Si vous ne deviez choisir que 5 dates sur 20 ans de carrière, lesquelles choisiriez-vous ?
Le BloodAxe Fest à Tokyo, le fest à Campos (Brésil), le Sonisphere Off en marge du Big Four (Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax), le Hellfest et le Superbowl of Hardcore 99.

Vous avez sorti 3 albums depuis la fondation de Primal Age.
Avez-vous toujours travaillé de la même manière sur tous vos disques ?
Oui, dans le sens où on se connaît bien maintenant (même s’il y a eu quelques changements de line up) et qu’on a des habitudes de travail qui fonctionnent bien. Par contre, bien sûr, chaque studio est une expérience unique pendant laquelle on apprend plein de choses qui servent par la suite.

Quelles ont été vos principales influences et inspirations durant l’écriture et la composition de vos morceaux ?
Pour la compo, il y a des groupes majeurs comme Slayer qui ont orienté notre musique sans toutefois réussir à pondre des riffs aussi magiques, et bien d’autres. Pour les paroles, on est plutôt proches de groupes hardcore straight edge comme Earth Crisis ou Morning Again notamment.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de votre vie en studio ? Les pires ?
Le meilleur, on est unanimes à ce sujet, c’est l’enregistrement de Gearwheels of Time, déjà parce que c’est notre album préféré, mais aussi parce qu’on est arrivés très bien préparés, chaque morceau avait eu le temps de mûrir, et la rencontre avec Thomas Tibéri, l’ingé son, nous a permis de tirer le maximum de ces morceaux. Tout s’est déroulé en douceur, sans stress, en moins d’une semaine et on a même pris le temps de sortir… C’était génial.
Dans les pires je crois que c’est pour Hell Romance. On a passé presque un mois en studio pour cet album, chacun a pas mal souffert pour ses prises. Il y a eu un jour où on est arrivés pour mixer et l’ingé son met tout en place et dit : « je n’ai plus rien sur la console ». On se regarde sans un mot et ça doit durer 10 minutes pendant lesquelles on sent que tout le monde flippe dans son coin et se dit : « c’est pas vrai, on ne va pas devoir tout refaire, alors qu’on se sentait pas mal vidés. » On a vraiment soufflé quand il nous a dit : « c’est bon j’ai retrouvé les pistes ».

Vous faites partie du catalogue du label Deadlight Entertainment.
Pouvez-vous me parler un peu de votre collaboration ?
On a proposé à Alex, le boss de Deadlight, l’album Gearwheels of Time, comme à quelques autres labels qu’on avait sélectionnés. Parmi les quelques réponses positives, c’est celui qu’on a senti le plus à même de nous épauler. Et la collaboration se passe très bien. Il a un bon réseau de distrib’ et est de plus en plus présent sur les grands événements, comme les principaux festivals. Après, on ne tire pas à 100 000 exemplaires, donc ce n’est pas un gros business et on doit être dans la norme des autres groupes pour l’accord au moment de la signature. Mais à chaque fois qu’on a eu à lui demander un truc, il a répondu présent, c’est un gars super qui nous aide vraiment, et avec qui la collaboration se passe très bien.

Pouvez-vous m’en dire plus concernant vos engagements pour la cause animale, mais aussi l’écologie, le veganisme, végétarisme, etc. ?
Il y a un vegan, Didier, notre chanteur. Les autres membres sont végétariens. Dès le début du groupe, il y a eu un intérêt pour ces thèmes qui sont restés importants pour nous au fil des années et des albums. Bien sûr, on aborde d’autres sujets car faire 12 titres sur la défense des animaux ou de la planète, ça peut vite lasser, mais on essaie de garder ces sujets en fil conducteur en les abordant sous un angle différent à chaque fois. On espère toujours que certains textes vont avoir un certain impact et pas seulement la musique, puisque c’est aussi en écoutant certains groupes qu’on a fait ce cheminement.

Avez-vous quelques exclus à livrer ?
Avez-vous une ou plusieurs anecdotes de studio et/ou de vie en tournée à raconter ?
Oh oui y a toujours des anecdotes à force de tourner. Je peux t’en raconter une de la tournée mexicaine. On était en train de quitter une ville du nord (Monterrey) et on avait quelque chose comme 400 km de désert à traverser pour rallier la prochaine ville. Notre manager était out après 4 jours passés à Monterrey et a fait 10 km à 20 à l’heure avant de s’arrêter et nous dire : « help ». On n’était pas censés conduire mais il a fallu se débrouiller, d’autant que dans ses escapades nocturnes, notre véhicule avait perdu un phare et le capot se soulevait devant nous en roulant. On a frôlé la panne sèche car il n’avait pas fait le nécessaire et que sa carte ne marchait pas. On a fini par y arriver et jouer ; le lendemain, en plein désert encore, la boîte de vitesse a rendu l’âme. On s’est fait pousser au cul par un pick up sur 40 bornes avant de laisser notre manager qui nous avait bien usé. On a fini la tournée en allant de ville en ville en bus.

Quel regard portez-vous sur l’actualité musicale aujourd’hui ?
Nous sommes en dehors de l’industrie musicale et je pense que c’est une chance. Je n’envie pas les groupes qui font cette activité de façon professionnelle et qui ont des contraintes en terme de productivité pour les albums, ainsi que des directives artistiques pour certains, et des obligations de tourner énormément. On a cette chance de choisir tout ce qu’on veut et ne veut pas pour le groupe. Du coup, on fait notre musique, celle qu’on sent sans se soucier de la mode du moment… On est restés cohérents en 20 ans, en faisant évoluer notre musique sans la dénaturer. Mais je ne suis pas très au fait de tout ce qui sort, de l’actu. Après, balancer des groupes, non. Si je n’aime pas je me contente de ne pas écouter.

Y a-t-il un artiste et/ou un album qui vous ait donné envie d’être musiciens ?
Je me souviens que j’ai acheté ma première basse en ne connaissant rien à rien à la musique. J’ai commencé à jouer à l’oreille par-dessus des disques que j’écoutais. Quand j’ai entendu Master of Puppets de Metallica, j’ai acheté le bouquin de tablatures et je me rappelle avoir joué en boucle l’album dans ma chambre. Ça doit être cet album qui m’a donné envie de faire ça.

Avez-vous déjà ressenti quelque chose de fort durant un concert ?
Souvent, même, et heureusement. Je n’ai pas de concert précis à évoquer, mais plus les ingrédients qui font que ça prend. Il y a des fois où le son est bon sur scène, tu entends tout le monde, tu te sens à l’aise et le public réagit vraiment de façon intense, et du coup tu as encore plus envie de donner… C’est des instants magiques et on espère toujours revivre ça lors des prochains concerts. Après, à la fois en tant que spectateur et qu’acteur, il y a eu des concerts très particuliers comme au Sonisphere. On jouait sur la quatrième scène, juste après le concert de Metallica. Mais on voulait absolument les voir et à peine leur show fini, on est parti rapidement se préparer, et pendant qu’on jouait, on a vu défiler quelques milliers de personnes qui ressortaient de leur concert et passaient à côté de notre scène pour repartir. C’était très spécial comme soirée.

Quel(s) artiste(s) voudriez-vous voir en live, un jour ?
Rancid.

Quelles sont les villes dans lesquelles vous aimeriez jouer ?
J’ai envie de retourner au Japon, personnellement. Pas spécialement rejouer à Tokyo, mais aller au Nord, dans des coins de nature magnifiques, comme sur l’île d’Hokkaïdo. Ça fait partie des choses qu’on n’a pas pu faire car logistiquement, c’était compliqué, on a eu pas mal de route déjà pour certaines dates.

Si vous ne pouviez collaborer qu’avec un seul artiste dans toute votre carrière, qui choisiriez-vous ?
Pour être en accord avec les autres, on peut citer James Hetfield. Si on peut aider un petit jeune qui débute et qu’il est chaud, on veut bien collaborer avec lui sur un projet.

Le meilleur album de votre collection ? Le pire ?
Celui que je préfère, c’est un picture live de Sick Of It All, une très belle pièce. Le pire : j’ai un live pirate 33 t de S.O.D. inaudible ou un live de Comin Correct sans intérêt non plus car son dégueulasse, un chanteur qui passe son temps à filer son micro à des mecs qui beuglent dans tous les sens.

Votre plus vieil achat ? Le plus récent ?
Rien de récent, désolé, car pas de coup de coeur particulier, et comme beaucoup, des postes de dépenses à côté qui font que… Mon plus vieux disque doit être (je ne l’ai plus) le 45 t d’Indochine, L’aventurier. Je devais avoir 8 ou 10 ans.

Les 5 morceaux que vous écoutez le plus en ce moment ?
C’est plus un album qui tourne pas mal en boucle dans ma caisse, T.D.O.P. d’Hatebreed, ça avoine de tous les côtés, il fait très mal.

Aujourd’hui, en tant que groupe, à quoi aspirez-vous ?
À vivre des moments qu’on gardera toute notre vie en tête, comme les tournées lointaines dans des coins dans lesquels on n’aurait jamais pensé mettre les pieds. Et j’espère aussi qu’on connaîtra une fin paisible, c’est-à-dire qu’on s’arrêtera d’un commun accord, quand tout le monde pensera avoir fait le tour de la question, et pas malheureusement comme beaucoup de groupe sur une engueulade de trop.

What’s next ?
On a encore une seconde partie de tournée à partir de septembre, déjà des dates de calées, et on enregistre dans un an pile un nouvel EP de 4 morceaux pour fêter les 20 ans.

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