Interview : HAPPENING

happening in the middle of the seas album

Originaire d’Aix-Les-Bains, HAPPENING est un groupe mêlant post-hardcore et rock alternatif et composé de 3 membres : Anthony Diliberto à la guitare et au chant, Bastien Grob à la batterie et Martin Houche à la basse et au chant également. En 2012, le trio démarre par un premier EP de cinq titres, intitulé Birth, pour s’initier ensuite à la scène. En près d’un an, ils acquièrent une expérience importante et s’attèlent à la préparation de leur premier album, In the Middle of the Seas, dont la sortie est prévue pour très bientôt.

HAPPENING groupe live

Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?
On est le groupe HAPPENING depuis 2 ans et des poussières. On parlait de monter un trio depuis des années, pour le côté épuré, original, et certainement pour le challenge. C’est toujours plus compliqué d’écrire un morceau complet et suffisamment riche quand on est trois et je ne suis même pas sûr qu’on y arrive (rires).
Concernant notre vision du groupe, on voit ça comme quelque chose de très sérieux et d’extrêmement important. L’objectif n’est pas seulement de faire des concerts avec les copains le week-end. On veut pousser le projet aussi loin qu’on le peut et on est prêt à sacrifier beaucoup. Certains n’aimeront pas cette vision des choses, mais tant pis. La musique nous passionne par dessus tout, et c’est ce qu’on rêve de faire de notre vie.
Les choses qui nous inspirent le plus sont principalement les événements de la vie, que ça soit des choses personnelles ou des choses concernant le monde actuel, on aime parler de sujets qui nous touchent. Inventer des histoires n’est pour le moment pas notre truc.

Vos influences à chacun.
Entre nous trois, nos influences sont différentes et à la fois communes. On écoute tous les mêmes trucs, et en parallèle, chacun en écoute d’autres en perso. Pour donner un exemple, les gens doivent savoir, on en peut plus (rires) :
Martin adore Kaaris et connaît ses punchlines par coeur. Ah, et j’adore Eros Ramazzotti (rires)On apprécie énormément Norma Jean, Stray From The Path, Trade Wind, évidemment Thrice auquel les gens nous identifient souvent. On se ballade sans se fixer de barrière stylistique.

Les premiers concerts.
Nos premiers concerts étaient plutôt cool. On avait aussi un peu d’expérience de nos groupes précédents avec lesquels on avait fait quelques trucs. On appréhendait pas la scène de la même façon.
Dès la sortie du premier EP Birth, on est parti 2 semaines en tournée en France et évidemment, c’était une catastrophe. On a pris un paquet de soirées lose avec très peu de gens, et quelques annulations aussi. Mais on savait que ça faisait parti du jeu et ça nous amusait.

Premiers pas en studio.
Les premiers pas en studio avec HAPPENING étaient pour enregistrer Birth. Mais on connaissait déjà un peu pour avoir enregistré d’autres disques avec d’autres groupes par le passé. Bref, c’était vraiment cool, et on était très excité à l’idée de faire l’EP. C’est ce qui a marqué la naissance du groupe, et le début de cette histoire.

On vit pas le fait d’être un groupe de post-hardcore et compagnie. On ne veut pas se donner d’étiquette. C’est cliché, mais on en a rien à foutre. On est juste un groupe de musique. La plupart des gens ont besoin de ranger les groupes dans des boîtes, mais tant pis. On sait pas trop ce qu’on fait, on est juste obligé de donner des noms absurdes pour en rassurer certains. Si on pouvait juste être rangé dans la large catégorie « rock », ça nous irait bien.

Le fait d’habiter à Aix-les-Bains est une chance, mais pas pour la culture. On habite dans une ville vraiment très charmante, avec un énorme lac, et les montagnes juste à côté. C’est incroyable et on a tendance à ne plus se rendre compte de cette chance tellement c’est devenu normal. Mais on est très attaché à cette ville. En revanche, pour la scène dans laquelle on se trouve, il n’y a absolument rien. On n’a pas de super copain « homies » sur qui compter. On se débrouille souvent seul. Martin (basse) vient de passer président de la MJC de la ville. On verra si ça permet de faire avancer le truc. Malgré ça, Lyon n’est pas très loin, et on y a de super potes qui jouent dans de super groupes.

Pourquoi avoir choisi HAPPENING comme nom de groupe ?
Quand on a composé le premier EP, on ne pensait vraiment pas au nom du projet, on voulait simplement écrire des morceaux et partir jouer. Mais à un moment, il a fallu se décider et s’y pencher. On était tous les trois plus ou moins dans une sale période dans nos vies respectives, et le groupe était le seul loisir qu’on avait. On aimait le fait de se retrouver entre copains pour jouer la musique qu’on aime, le principe même d’un groupe. On s’est donc dit que ce projet était un peu notre « Happening ». C’est simple, court, accrocheur.

Comment vous définiriez-vous par rapport aux autres groupes de post-hardcore / rock alternatif français ?
Aucune idée. Différent, pas mieux, pas pire. Je n’arrive pas à trouver d’autres groupes français qui se rapprochent de ce qu’on fait. Mais il y a de plus en plus de chouettes trucs !

Quels ont été les rencontres et les événements les plus importants de votre carrière ?
Le fait de rencontrer les gens du Brise Glace nous a beaucoup aidé. C’est une salle près de chez nous, dans la ville d’Annecy. On y a fait la première partie de Lofofora, la salle était blindée et on a eu énormément de super retours sur notre passage. C’était valorisant et motivant. Ce sont des gens qui sont derrière nous depuis un moment, et qui s’investissent aussi beaucoup dans la sortie du premier album qui arrive.

Vous avez enregistré un EP de 5 titres, intitulé Birth.
Qu’est-ce qui vous a inspiré durant l’écriture et la composition de ces cinq morceaux ?
Je pense que pour la composition, c’était facile d’être inspiré dans le sens où on faisait enfin le style qu’on voulait, comme on le voulait. On avait juste à lâcher les idées planquées depuis des années. Une sorte de libération créative (rires)On écrit en fonction de ce qui se passe sur le moment. On réfléchit pas trop.

Aujourd’hui, après 3 ans de maturité, y a-t-il des choses que vous feriez différemment ?
On fait tous des erreurs et des essais quand on se lance sur un truc qu’on ne connaît pas. Je pense que si on avait pu/su, on aurait mieux préparé la sortie de l’EP. Mieux géré notre communication, j’en sais rien. On regrette rien quoiqu’il en soit. On aurait pu mieux faire, mais on a fait ce qu’on a fait. Regretter n’apporte rien. 

Aujourd’hui, quels sont vos projets au niveau enregistrements ?
Absolument rien avant un moment ! On vient à peine de finir notre premier album. On va maquetter de nouvelles idées pour la suite, mais rien de concret avant quelques temps.

Avez-vous quelques exclus à livrer ?
On risque de passer de 3 à 5. On veut un clarinettiste et un chanteur lyrique. Il faut aussi savoir qu’on est pas très rigolo.

Avez-vous une ou plusieurs anecdotes de studio et/ou de vie en tournée à me raconter ?
Martin a été forcé de regarder une photo politiquement incorrecte (du genre extrême) pour enregistrer le morceau Lacks de notre premier EP. Kris Banel du Warmaudio l’a forcé. Je suis accro à mon hygiène personnelle et je pète les plombs si je peux pas me doucher en tournée. Les gens me détestent. Bastien mange comme 40 avant de jouer, et vomit dès sa sortie de scène à cause de l’effort physique du concert. Martin a battu le cancer au poker.

Que pensez-vous de l’industrie musicale d’aujourd’hui ?
Question difficile.
L’industrie est un peu corrompue, d’une certaine manière, quand on voit l’éducation musicale d’un français lambda. Les grosses maisons de disques décident en quelque sorte de ce qui sera le nouveau tube, de qui génère du fric, de qui est diffusé, de qui suce qui. Difficile de s’ouvrir musicalement si on ne s’intéresse pas vraiment à ce qui se fait ailleurs. Malheureusement, tout le monde n’est pas passionné par la musique, et une majorité se contente de consommer ce qu’on leur suggère de consommer. Ce qu’on peut comprendre.
En revanche, je pense que les groupes talentueux et persévérants peuvent s’en sortir. Avec un peu d’envie et de connaissance, je vois pas pourquoi un groupe sympa qui se donne à fond n’arriverait pas à bouffer.

Si vous aviez le pouvoir d’y changer quelque chose, le feriez-vous ? Si oui, quoi ?
Joker.

Quel(s) artiste(s) et/ou album(s) vous ont donné envie d’être musiciens ?
Personnellement, j’ai eu envie de jouer de la guitare en voyant un DVD de TOTO (rires)Steve Lukather me rend fou.

Avez-vous déjà ressenti quelque chose de fort durant un concert ?
J’irai jusqu’à dire que c’est indispensable durant les nôtres. Je veux dire par là que je sors de scène déçu si j’ai pas été fier et heureux d’être là pour jouer. Du coup ça met un peu de challenge ! Sinon, je prends constamment une fessée quand je vois Stray From The Path en concert.

Quel(s) artiste(s) voudriez-vous voir en live, un jour ?
Michael Jackson ou Nirvana. Peu importe, si l’un d’entre eux passe un jour chez nous, j’irai.

Quelles sont les villes dans lesquelles vous aimeriez jouer ?
On s’en moque. Dans l’absolu, on voudrait toutes les faire.

En tant que groupe, quelles sont vos plus grandes aspirations ?
Si on pouvait suffisamment remplir les salles, que ça soit la fête à chaque fois, ça serait fou. Si notre album plaisait à assez de monde pour qu’on puisse en faire un second encore plus cool, ça serait encore mieux.

Si vous ne pouviez collaborer qu’avec un seul artiste dans toute votre carrière, qui choisiriez vous ?
Antho : Thrice.
Martin : Norma Jean.
Bastien : Queen Of The Stone Age.

Le meilleur album de votre collection ? Le pire ?
Le meilleur : le nôtre.
Le pire : le nôtre.

Votre plus vieil achat ? Le plus récent ?
System Of A DownSteal This Album !
CounterpartsTragedy Will Find Us.

system of a down steal this album

Les 5 morceaux que vous écoutez le plus en ce moment ?
Stray From The Path – Outbreak
CHON – Perfect Pillow
Arcane Roots – Belief
George Ezra – Blame It On Me
I The Breather – Soul : Seek
(C’est pas vraiment ça, mais difficile de résumer en 5 morceaux.)

Vos récents coups de coeur musicaux ?
C’est facile, mais Hotel Books. Trop d’émotions, de fraîcheur, de feeling. J’aime les trucs qui ont du sens, et ça me fait un truc. Mais encore une fois, il y a des tonnes de groupes énormes qui débarquent de nul part en ce moment.

What’s next ?
Tourner, vivre, faire de nouveaux disques. On compte acheter un van avant 2016 pour mieux défendre l’album. On y croit. On s’en moque si on se plante, On veut se battre pour ce qui nous tient à coeur.

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