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« Turn the light on », chante Eddie Berg dans Erase, le titre introductif de ce nouvel opus. Ces quelques mots font toute la lumière sur cet album sorti au début du mois. Turn The Light On est le troisième effort d’Imminence et succède à This Is Goodbye (2017, SharpTone Records). Noté parmi mes plus grosses attentes de 2019, il ne faisait aucun doute que cette chronique verrait le jour !

Contexte

This Is Goodbye comportait plus d’influences rock electro, de par les synthés et les arrangements vocaux. D’ailleurs, beaucoup de critiques l’avaient comparé au controversé That’s The Spirit de Bring Me The Horizon. Malgré cela, les déclarations de Harald Barrett (guitariste) et Eddie Berg (chanteur / violoniste) laissaient entendre qu’ils avaient enfin obtenu le son tant recherché. Entre morceaux « sing along » et contrastés, de la pop rock au metal, Imminence avait frappé fort et juste. Ils avaient trouvé leur empreinte musicale et réussi à entamer un virage significatif dès le deuxième album.

En octobre 2018, lors de la sortie de Paralyzed, je ne perçois pas de changement dès la première écoute. Effectivement, si ce titre aurait très bien pu se trouver sur This Is Goodbye, il me faudra attendre quelques semaines et d’autres extraits pour appréhender et apprécier l’évolution. C’est avec Infectious, puis Saturated Soul que je comprends la démarche doucement amenée par le quatuor.

Composé de 13 pistes, Turn The Light On permet à Imminence de confirmer sa place d’artiste montant sur la scène metalcore européenne. La tracklist comporte une version légèrement modifiée de The Sickness, un single sorti en 2015 et qui avait fait l’objet d’un clip.

Dans ma review de Paralyzed, le tout premier extrait du disque paru fin 2018, je disais qu’il annonçait un album plus abouti. Le résultat ne me déçoit pas, au contraire : avec Turn The Light On, Imminence signe un retour fracassant. En plus de mettre en avant ses talents de violoniste, Eddie Berg prend plus de risques sur le chant. Les mélodies à la guitare sont mieux abordées et accordent au groupe une stature plus solide et légitime. Aux critiques qui les comparaient à Bring Me The Horizon après avoir écouté deux tracks : merci et au revoir.

Chronique

Erase remplit son job d’intro et justifie mes propos précédents. Plus de cordes frottées, de chant percutant, et de screams qui gagnent en caractère. Room To Breathe, avec les choeurs et la magnifique partie instrumentale menée par le violon, est une chanson géniale aussi. C’est l’une de mes préférées que l’on écoute ensuite : Saturated Soul. Tout est réuni pour en faire un joyau de la discographie d’Imminence. La recette à base de refrain « sing along » est reprise sur un ensemble guitare / basse / violon.

Suit Infectious qui est un nouveau coup de coeur. Grâce à ce mélange brut / doux grâce à la faculté d’Eddie à passer du scream au chant, elle fait partie des morceaux les plus réussis du disque. Le trio guitare / basse / batterie se marie parfaitement au violon et contraste avec l’ambiance electro de l’introduction. En fait, il n’y a qu’Imminence pour faire sonner aussi bien un mix entre violence et légèreté.

Et de la légèreté, on en reçoit également ! Death Of You et Love & Grace sont plutôt imprévisibles lorsque l’on saisit la perspective des premières pistes. Le chant y est beaucoup plus mis en valeur, de même que les envolées au violon. La conclusion de Death Of You pourrait nous faire penser à une interlude. Entre effets electro et voix mystérieuses, comme masquées, elles rappellent le titre de l’album et permettent d’en ouvrir la deuxième partie avec Scars.

Deuxième partie

Cette seconde partie démarre donc avec Scars dont le beat est plus rapide que sur les précédents. Celle-ci et Disconnected valorisent le talent de chaque musicien : Peter (batteur) et Christian (bassiste) sont incisifs, Harald livre une prestation infaillible et Eddie dévoile de nouvelles compétences à sa voix. Effets ajoutés ou non, c’est exactement ce son qui rend l’authenticité du groupe prouvée et approuvée.

Les sonorités de Wake Me Up et Don’t Tell A Soul me font beaucoup penser à celles entendues sur This Is Goodbye. La première est probablement celle que j’apprécie le moins donc je ne m’attarderai pas dessus. Quant à l’intro de Don’t Tell A Soul, elle me rappelle celle de Not A Rescue. Si elle ne m’a pas marquée, elle reflète néanmoins l’âme de la musique d’Imminence. La succession du violon et des influences electro est encore bien amenée et permet de surélever le chant et les screams.

Lighthouse est un autre gros coup de coeur : pendant près de 4 minutes, les musiciens déchaînent une vive passion. La mélodie, marquée par le violon à certains moments, l’alternance chant / scream… Les émotions et les frissons se développement d’autant plus quand on sait ce à quoi les paroles font allusion.

Car sur cet album, Imminence aborde plusieurs thèmes obscurs et insaisissables. La mort et la souffrance sont traitées de façon plus mature que sur les précédents albums. L’amour, le Paradis et l’Enfer sont également dépeints grâce à des métaphores, et parfois les images des clips correspondants. On entendrait presque une « poésie noire » sur quelques morceaux. Ces mots et expressions aussi sombres que profondes justifient la nouvelle identité visuelle en place depuis fin 2018.

Nouvelle esthétique

Dès leur retour en fin d’année dernière, le renouvellement de leur esthétique m’a tout de suite interpellée. C’était prévisible car elle change dès lors qu’un nouvel album sort ou est annoncé. De même, le rendu de leurs clips au fil des années n’a évolué que vers le meilleur. Pour l’anecdote, Eddie possède une entreprise de montage de vidéos / photographie : Liftamountain.

Les vidéos issues du nouvel album d’Imminence traitent d’une histoire dont ils sont eux-mêmes protagonistes. Sa chronologie est très intéressante et m’a amené à déterminer beaucoup (trop?) de parallèles. Je m’excuse d’avance si mes théories vont trop loin et me font voir comme possédée.

Paralyzed

Dans Paralyzed, on assiste à l’enlèvement de chacun des musiciens par deux membres d’une secte. Aussi, d’autres plans montrent le groupe en train de jouer ensemble, puis par des zooms centrés sur chacun. Des fleurs dispersées ça et là rappellent celles de l’artwork de l’album. Dès la fin du pont de la chanson, dans la dernière minute de la vidéo, nous changeons de location et nous retrouvons dans un laboratoire spécial. Des plantes parsèment le « box » où se trouve capturé le chanteur.

On imagine que les ravisseurs ont conduit le quatuor dans une sorte de centre de tests scientifiques sur les humains ou même un centre de clonage ? Tel le symbole d’une secte, le nouveau logo se montre à deux reprises : tatoué sur le bras de l’un des kidnappeurs et à la fin, dessiné sur une page d’un carnet laissé près du corps d’Eddie.


Infectious

Les premières séquences d’Infectious font office de rappel. Elles montrent les musiciens seuls et ligotés à une chaise. On entend, en guise de musique de fond, un air de violon. Ensuite, on assiste à un « concert privé » des artistes, de qui nous sommes séparés par une vitre. De notre point de vue, nous sommes observateurs, comme si les quatre personnages étaient des cobayes. Ce plan est très lumineux, comme encerclé d’un voile blanc. Un rêve ? Une hallucination ? Ce qui contraste fortement avec cet éclairage est le logo noir du groupe, accroché à une fenêtre derrière la batterie. Le procédé vu dans Paralyzed est repris ici : les plans alternent entre chaque musicien puis sur l’ensemble. On peut également apercevoir des fleurs accrochées sur la batterie.

La secte est de nouveau représentée par les deux types dont on ne voit que très peu le visage. Néanmoins, on reconnaît très bien Eddie face à lui-même. Ils sont filmés avec chacun des membres et expérimentent même un produit en intraveineuse sur le chanteur.

Une nouvelle mélodie jouée au violon conclut la vidéo, en même temps qu’Eddie parvient à se détacher. Les deux malfaiteurs le rattrapent et le tirent dans le fond. Fondu au noir. Le logo apparaît et la voix masquée, entendue sur les dernières secondes de Death Of You, est utilisée. La comparaison avec une organisation spéciale est quasiment confirmée !


Saturated Soul

Si la version de The Sickness a été quelque peu modifiée pour ce troisième album, Saturated Soul reconduit le concept de la maladie. Intégralement noir et blanc, le clip montre un virus gagner l’organisme d’Eddie. Comme dans The Sickness, cela commence par des quintes de toux alors que le quatuor joue le morceau.

Une nouvelle analogie avec la souffrance intérieure peut être faite. Effectivement, on voit un visage qui s’étouffe sous le drap blanc, puis une autre « version » d’Eddie dans l’ombre qui apparaît à 1:00. Quelques secondes après, on le voit allongé et branché à un ECG spécial. Aussi ironique que cela puisse être, il chante ces quelques mots : « make my heart beat again ».

Deux nouveaux rapprochements peuvent être relevés : l’artiste s’étouffe et lutte pour chanter, et dans le même temps, son corps presque sans vie est réanimé avec l’ECG. Les mains dirigeant les opérations sont sans doute celles des deux gangsters. Le deuxième concerne le visage sous le drap blanc. Comme on résiste à nos démons, Eddie combat celui illustré par ce visage oppressé.

Les fleurs sont encore présentes dans cette vidéo. Eddie tient une rose blanche puis, alors qu’il va et vient dans une vieille maison, s’approche d’un bouquet. Plus loin, alors qu’il est allongé, des fleurs lui sont jetées dessus.


Lighthouse

Imminence continue sur la lancée du noir et blanc avec Lighthouse, le dernier clip sorti. Les premières images montrent une rose blanche à l’envers. Celle-ci s’enflamme au bout de quelques secondes. Puis, un nouveau plan, centré sur Eddie seulement, le représente en train de chanter. Les bandits entourent le chanteur, armés de lampes torches dont les faisceaux lumineux parcourent l’ensemble du plan.

J’ai adoré ce clip simple, beau et efficace. Les plans sur la rose sont magnifiques, de même que les sensations transmises par les paroles de la chanson. Les images apportent un plus non négligeable et je remercie le groupe d’avoir choisi ce morceau en single.


Conclusion

Ce troisième album démontre une nette évolution en termes de maturité musicale et d’écriture. J’ai vraiment hâte de revoir le groupe sur scène pour entendre en live quelques unes de ces 13 perles !


                        

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