sum 41 order in decline hopeless records

Ils sont des albums qui ont besoin d’être écoutés plusieurs fois pour trouver ce parfait écho. Order In Decline fait partie de ceux-là. Dix titres composent le nouvel opus de Sum 41, dix hymnes typiques du groupe. Si vous cherchez un changement de direction, passez votre chemin. Si, au contraire, vous souhaitez une purge punk rock, alors ce disque est on ne peut plus adapté.

Après quelques dates en festival (Hellfest, Jera On Air, Warped Tour) et une en salle, à L’Autre Canal de Nancy, le groupe sort son huitième album. Order In Decline (Hopeless Records) est à mi-chemin entre social et politique, mais représente également une introspection pour Deryck Whibley (chanteur). Le 19 juillet dernier, il déclare : « I want people to take away what they want from this record. It really is open to interpretation for each listener. To some, it could be a political record, to some it could be a social commentary, but for me, it’s just a personal record. »

Comparé à 13 Voices, le visuel est plus travaillé et nous donne à voir des couleurs chaudes. La marionette est peut-être le symbole d’une société de plus en plus faible, réfléchissant peu. Entourée par des mains, on peut aller jusqu’à parler de manipulation. Le fait qu’elle soit enflammée peut signifier une émancipation de ce système : elle passe de suiveuse à actrice. Le titre rejoint cette idée : l’expression « ordre en déclin » englobe tous les individus ayant déjà brisé leurs chaînes et qui continuent à le faire.

Opinion

Je parlais plus haut de ces oeuvres que l’on doit parfois écouter plusieurs fois pour les apprécier. Effectivement, si je découvre encore Order In Decline aujourd’hui, je lui reproche deux, trois petites choses. Notamment la durée, trop courte, qui évite la prise de risques que j’aurais aimé entendre. Je tiens à souligner que ça n’en fait pas un mauvais album, il est même génial.

Les canadiens ont parfaitement mêlé leurs influences à des mélodies qu’on leur attribue sans hésiter. Les riffs que l’on pourrait très bien entendre sur des punk rock songs des années 90, certaines lignes rythmiques qui me font penser à d’anciennes compositions… Ecouter ce disque revient à aller et venir parmi les différentes phases de la discographie de Sum 41.

La longévité du quintette leur confère une place de choix sur la scène rock / punk rock mondiale. Néanmoins, Order In Decline est trop droit et ne me procure pas les même sensations qu’un Does This Look Infected? par exemple. Ok, la case « comparaison avec un ancien album » est à cocher sur le bingo spécial Reviews… Bref. Si je parle de leur troisième effort, c’est parce que Still Waiting est la chanson grâce à laquelle j’ai découvert Sum 41, et, plus largement, cette musique qui me fait vibrer aujourd’hui. Quelques années plus tard, je ne retrouve pas le même courage.

Chronique

MAIS ! Parce que je refuse de rester sur du négatif quand il s’agit de Sum 41, je salue la maturité des mélodies. La production est excellente, mais j’apprécie que ça ne soit pas ce qui m’ait sauté aux oreilles en premier. Le groupe a fourni un travail bien plus poussé que sur 13 Voices et redresse ainsi la barre. Si certains doutaient et doutent encore de leur énergie, n’hésitez pas à aller les voir en concert.

L’intro, Turning Away, démarre au piano puis rapidement sur un riff qui annonce une certaine fureur. Cette fureur, on la reconnaît dès les premières notes : Sum 41 est de retour ! Les guitaristes Dave et Tom lâchent directement leurs meilleurs accords, comme pour nous assurer de la folie à suivre. J’apprécie beaucoup plus le premier single, Out For Blood, une fois mêlé au reste de la tracklist. Ce solo de guitare est impeccable, brutal, et me fait plonger définitivement dans ces quelques minutes de bonheur.

Ma préférence va directement vers l’enchaînement The New Sensation / A Death in The Family / Heads Will Roll. The New Sensation comporte des choeurs sur une mélodie tout aussi folle que la précédente. Entre screams et chant, Deryck pose son empreinte vocale sur des accords agressifs. C’est clair que par rapport à 13 Voices, tous les superlatifs s’appliquent : plus fort, plus acerbe, plus énergique…

Si l’on a déjà entendu A Death in The Family, le second single extrait, Heads Will Roll offre une rythmique entraînante au fort potentiel. Les effets sur la guitare ajoutés au milieu du morceau apportent du relief, de même que les compétences enrichies de Deryck. Ces deux titres s’enchaînent très bien et clôturent la première moitié du disque.

Seconde partie

45 (A Matter of Time) entame la seconde partie du disque et on y retrouve le pur esprit musical de Sum 41. Choeurs, accords graves, mélodie rapide puis ralentie… Les quelques secondes de final sont d’une ivresse inégalable, quoique trop courtes. Sans transition vient la seule balade de l’album, Never There. En adressant ce message à ce père inconnu, Deryck développe l’aspect personnel de l’opus. Les lignes instrumentales sont superbes et me procurent un sentiment de nostalgie. Si certains ne l’ont pas apprécié, son clip apporte une vision nouvelle qui pourrait vous faire changer d’avis.

Eat You Alive s’ajoute à mes préférés : sa brutalité crescendo est impeccable. Ni trop, ni pas assez. Les riffs, les choeurs, les retouches sur la voix, ces fûts percutants, tout est très réussi. Suit The People Vs…, dans le même esprit que le précédent. Je vous avoue m’imaginer jouer à Crazy Taxi avec cette chanson en fond. Si l’esprit de Sum 41 est bel et bien présent, celui du punk californien l’imprègne pleinement aussi. C’est grâce à ce genre de morceau que je ne peux pas tenir rigueur au groupe du manque d’audace. The People Vs… permet de se vider la tête, de ne pas réfléchir pendant plus de 3 minutes et d’apprécier la musique. Juste ça.

L’album se termine sur Catching Fire. Son rythme plus calme permet de développer la facette mélancolique de l’identité du quintette. Par rapport aux neuf titres précédents, il incorpore une atmosphère intense et plus céleste. Rien de mieux qu’une telle conclusion pour me dire que malgré mes regrets liés à Order In Decline, c’est une nouvelle perle à ajouter sur le fil de leur art.

Conclusion

Sum 41 est un groupe déjà immense et qui continue à grandir d’année en année, d’album en album. Je les admire pour leur humilité et leur envie, leur besoin de faire ce dont ils ont envie sans se soucier de ce que pourront penser les fans ou les critiques. Ils sont dotés d’une intelligence qui leur a permis d’arriver jusque là et qui continuera sans aucun doute à les propulser au plus haut.

Order In Decline ne marquera peut-être pas les esprits comme ont pu le faire Chuck ou Does This Look Infected?, mais il se place clairement parmi les meilleurs. Le public a trashé Underclass Hero pour aucune raison alors que c’est l’un des albums les plus matures dans les paroles. Order In Decline sera probablement critiqué pour une raison similaire. Selon moi, il contient les titres nécessaires pour devenir l’une des sorties incontournables de cette année.

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Ashley Osborn Photography

                        

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