void of vision hyperdaze UNFD central

Contexte

Nous sommes le 13 septembre, voilà donc près d’une dizaine de jours que j’écoute et réécoute le dernier né de Void Of Vision, Hyperdaze (UNFD). Le quatuor australien en est à son second essai et confirme indéniablement avoir conquis un public de fidèles fans.

Associé à Architects, Parkway Drive ou encore Stray From The Path, Void Of Vision a su faire évoluer son style en y incorporant des sonorités modernes. Ainsi, par rapport au premier album et à l’EP Disturbia (2017, UNFD), Hyperdaze nous offre à écouter plus de djent et d’éléments électroniques divers.

Disturbia est sorti il y a presque deux ans et le single Kill All My Friends, l’année dernière. J’attendais beaucoup de Hyperdaze, et je dois dire que je ne suis absolument pas déçue. Si je devais résumer globalement ce disque, je dirais qu’il possède deux facettes : l’une pour se déconnecter complètement et l’autre pour expérimenter. C’est ce que déclare Jack Bergin (chanteur) à son propos. Par rapport à Children of Chrome, leur premier album vu comme une expérience, Hyperdaze est considéré comme une expérimentation.

Le visuel de l’artwork est plutôt abstrait au premier abord. Mais en le regardant avec plus d’attention, il symbolise pour Void Of Vision cette exploration de nouveaux paysages musicaux. Les deux pièces connectées par des espèces de tuyaux métalliques, les perspectives décalées, les photos retournées, pas droites. La police de ‘Hyperdaze’ presque illisible, cette couleur vert néon qui pourrait illustrer ce côté électronique, expérimental.

Jack explique le titre : « C’est un état de détachement dans lequel tu peux t’anesthésier de tous tes problèmes. Tu es là, mais pas mentalement. » L’album est effectivement né de périodes difficiles pour les membres du groupe. Pertes d’êtres chers et relations difficiles ont influencé leur état d’esprit et cela a résulté en Hyperdaze.

Chronique

Le dernier single, If Only, insiste sur la fusion de passages agressifs et d’éléments électroniques. Accompagné par des guitares acérées, Jack scream et James chante. Ce solo de guitare apporte du relief et de la puissance au morceau, et en fait l’un des meilleurs de l’album. Les breaks de certains morceaux en bousculeront probablement certains en concert, et rien que pour ça, j’ai hâte de les revoir.

Mais retournons quelques pistes en arrière, à la première : Overture. L’intro est propre, calme, dotée d’une atmosphère futuriste, et se fond avec Year of the Rat. Au contraire, celle-ci démarre sur des guitares bien grasses dont on retrouvera le même son ça et là au fil des titres. Sur les refrains, le chant est arrangé de manière à nous faire penser à une voix lointaine. Babylon passe la vitesse supérieure et l’on retrouve encore par moments cette voix, presque étouffée à travers le scream.

Slave to the Name commence par une belle mélodie à la guitare, rejointe ensuite par des effets électro. Le riff qui suit est incisif et coupe juste avant le chant réarrangé qui me fait penser à cette voix lointaine dont je parlais au début. Le scream émerge quelques secondes après. De là se dégage comme une conversation entre les deux chanteurs tout au long de la chanson.

Deuxième partie

Hole in Me se charge de commencer cette deuxième partie après l’interlude Adrenaline. Le premier single extrait reprend tous les éléments qui font de Void Of Vision un très bon groupe de metalcore : scream, breakdowns, guitares. Les arrangements électroniques sont ajoutés sur la voix et, encore une fois, on assiste à une conversation entre deux entités.

Kerosene Dream soutient le rythme et cette ambiance heavy. Ce passage à la batterie dès 1:24 est génial et apporte au morceau plus de mordant. Comme sur Decay, qui est au moins aussi agressif que ce dernier, le chant clair est « électroniquement » réarrangé pour mettre en valeur le scream. Ces effets et ce break sur la dernière minute sont exceptionnels et développent ce style djent.

Tantôt rapide, tantôt plus lent, Splinter fait se rencontrer les multiples capacités des musiciens. Comportant moins de support électronique, la musique se veut plus authentique, abrupte. Hyperdaze se conclut avec le titre éponyme et une ambiance plus travaillée, plus légère que les précédentes. Comme s’il était temps pour l’auditeur de s’élever dans cet état de détachement dont parlait Jack.

Si l’on pensait entendre le plus lourd de Void Of Vision dans la première partie de l’album, c’est raté ! L’échauffement des cinq premières pistes leur permet de passer une étape après Adrenaline et on en redemanderait volontiers. L’Australie renferme vraisemblablement des diamants bruts et je suis très heureuse de reconnaître Void Of Vision parmi l’un d’eux. Ce que j’aime chez ce genre de groupe, c’est que l’on remarque très vite leur évolution et leurs efforts.

void of vision promo pic 2019 hyperdaze

                        

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